Retour aux sources pour un Safari urbain à Charleroi
Charleroi est ma ville de cœur. J’y ai grandi et passé la majeure partie de mon adolescence. Elle a durement été touchée dans les années 70-80 par la crise économique qui a entraîné l’arrêt de l’industrie minière et de la plupart des activités sidérurgiques, lesquelles constituaient depuis plus d’un siècle le moteur économique de la région. Ce n’est pas sans raison que Charleroi est encore appelée aujourd’hui le Pays Noir.
S'ensuivit un déclin inexorable à partir des années 80 entraînant le déclassement d'une frange importante de la population. Corollaire de cette situation, une augmentation de la paupérisation, une réputation sulfureuse et une image de moins en moins reluisante de la ville. Le coup de grâce étant donné en 2009, quand le Volkskrant, journal hollandais, décerne à Charleroi le titre peu enviable de ville la plus laide du monde !
La situation a pourtant changé depuis... À l'image de villes comme Belfast ou Liverpool avant elle, Charleroi est en pleine mutation. Le centre-ville a été complètement rénové, un campus universitaire est en cours d'implantation, les bâtiments art déco sont restaurés et remis en avant. Des lieux de culture et des musées apparaissent. L'activité économique reprend peu à peu. Les restaurants fleurissent. Entre la ville de mon adolescence et le Charleroi d'aujourd'hui, les choses ont bien changé : le chemin est encore long mais on avance dans la bonne direction...
L'ancien patrimoine sidérurgique renaît aussi de ses cendres et un tourisme post-industriel se développe. Une salle de concert, le Rockerill, a ouvert ses portes dans les anciennes usines Cockerill (là où mon papa travaillait
). Un GR (noir bien sûr) propose une boucle de 20 km serpentant entre géants d’acier ou partant à l’assaut des terrils.
Enfin, l'équipe de Charleroi Aventure propose son Safari urbain. Une exploration déroutante (en mode urbex) à travers les paysages industriels déclassés, là où les usines abandonnées se métamorphosent en paquebots fantômes le long de la Sambre. Le Street Art est également bien présent tout au long du parcours. Un guide (inclassable
) vous accompagne dans l’histoire peu banale de la ville à travers ses innombrables anecdotes. L'expérience vaut vraiment le détour :-)
La journée se termine au sommet d'un terril par un coucher de soleil qui embrase les vestiges du passé ouvrier. C'est splendide !





















